mercredi, mai 30, 2007

IL FAUT CALMER CE PRESIDENT AUTOCRATE....



Les 17 millions d'électeurs qui ont donné leur voix le 6 mai dernier à Ségolène Royal doivent se remobiliser et retourner en masse aux urnes les 10 et 17 juin prochains pour les élections législatives, afin de créer à l'Assemblée le choc salutaire qui remettra à sa juste place un Président qui joue les matamores et menace la démocratie en France. Et tant mieux , si la majorité pouvait devenir "rose" et pas "bleue" ! Je crains beaucoup pour la France en ce moment!

lundi, mai 07, 2007

SARKO PRESIDENT..................

DEPUIS LE 6 MAI 2007, AVEC SARKOZY PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE POUR CINQ LONGUES ANNEES,
TOUT DEVIENT POSSIBLE......MEME LE PIRE

vendredi, mai 04, 2007

LA VISIONNAIRE ET LE BOUTIQUIER


J'ai suivi attentivement le débat entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, le 2 mai 2007. J'ai eu le sentiment de voir en présence deux types de société et deux formes d'ambition : l'une généreuse et ouverte, une philosophie de l'action vers l'avenir; l'autre mesquine et rétrograde, un retour vers un passé sclérosé et une haine du vrai changement (toute la tirade sur la remise en cause de Mai 68). L'une dit "nous" et l'autre s'affirme et s'enferme dans le "je"! Le débat du 2 mai 2007 en vue de l'élection du Président de la République pour les cinq prochaines années a opposé "la visionnaire" au "boutiquier"! Je vote pour "la visionnaire"!

jeudi, avril 12, 2007

LE TOMBEAU VIDE........

"Au lendemain de la Pâque, de bon matin, des femmes de l'entourage de Jésus, se rendirent au tombeau pour oindre son corps; mais ne le trouvant pas, elles s'interrogèrent, perplexes, sur ce qui s'était passé.
Les femmes savaient-elles que Jésus devait ressusciter ? En ce cas, elles s'attendaient à sa résurrection parce que le tombeau vide ne pouvait être compris que comme la conséquence de celle-ci. Cette reconnaissance provenait donc d'un "a-priori de foi", et le tombeau vide ne pouvait se comprendre que comme un refoulement fondé sur leur expérience..Mais si, au contraire, la question de la résurrection ne se posait pas pour elles, pourquoi devant l'absence du corps de Jésus, n'avaient-elles pas pensé qu'il avait pu être enlevé, voire "dérobé" ? "
Ennio FLORIS ("Lecture des textes sur la résurrection" , in "Recherches critiques sur les évangiles de la résurrection") Cf "Analyse référentielle et archéologique" (www.alain.auger.free.fr)

LE BLE EN HERBE.....

Jésus de Nazareth était bel et bien mort. En se rendant au tombeau, le sabbat terminé, les femmes en furent l'inéluctable confirmation. Elles n'espéraient rien qu'accomplir les gestes rituels et funéraires envers leur ami disparu. Cette histoire de "résurrection", imagination et louables intentions pieuses! Mais nous n'ignorons pas qu'elles aient aidé à fuir le réel, à endormir les hommes et leur faire oublier les tâches urgentes, justement le combat pour la vie ! Jésus de Nazareth a-t-il quelque chose de commun avec le "Christ vivant" ? La lecture des évangiles devrait nous éviter toute confusion. Ils désigent tantôt quelqu'un que Thomas peut toucher; tantôt quelqu'un qui interdit à Marie de le faire. D'autres fois, il se trouve en plusieurs endroits simultanément, ou capable de passer des portes closes; quelqu'un qui apparaît, puis disparaît soudain. Tantôt encore, il se confond avec un jardinier ou avec un chef d'entreprise de pêche au bord du lac; tantôt un étranger en voyage incognito; parfois, il prononce des paroles qui rappellent le dogme trinitaire de l'Eglise ancienne ("au nom du père, du fils et du saint-esprit")! Alors, impossible de confondre ce "ressuscité"-là et Jésus de Nazareth qui fut un simple homme israélite, mêlé à la vie de son peuple. Et cependant..."souvenez-vous de quelle manière il a parlé..." Cette "mémoire" établit le lien de Jésus de Nazareth au 'vivant'. Les femmes, comme les disciples plus tard, reconnurent "après coup" celui que les "Ecritures" (l'Ancien Testament) annonçaient comme "messie". Alors, Jésus de Nazareth le devint pour eux, parce qu'ils avaient reconnu en lui l'homme pleinement pour les autres, la plénitude de l'amour, à la fois mort et vie, "vie à travers la mort"; appel à la réconciliation de l'homme avec lui-même et avec les autres. En ce lieu-là, le 'vivant' a surgi, 'ressuscité' aux multiples expressions humaines. La mort n'est pas le dernier mot de l'histoire des hommes. Au lieu de douter de la vie, désormais il devient possible de mettre la mort en doute et parier sur la mort de la mort. Risque de l'amour qui est toujours possibilité d'être contredit. "Acte de foi" pour un engagement de vie pour ceux qui croient véritable ce qui est toujours contestable. Pari de l'amour qui abat les murs de préjugés, de méfiance, qui ouvre des brêches dans le cercle infernal des égoïsmes, des systèmes et des dogmes, des vérités définitives et qui suscitent des actes gratuits et libérateurs. Toutes les fois que des hommes et des femmes se livrent ainsi à l'amour qui les tuent, le 'vivant' en eux est à l'oeuvre. Et ce qui, pour l'instant, n'est encore que "prophétie" deviendra "histoire" ! le blé en herbe.....

Pierre CURIE (Tourcoing, 18 avril 1965 - Luc 24/25)

mercredi, février 21, 2007

"Ceux qui commençaient à parler de Ségolène Royal au passé vont devoir attendre encore un peu" (Journal "Marianne"






"Pour peu qu'on se donne les moyens de l'écouter, Ségolène Royal est une femme qui a quelque chose à dire et qui le dit bien, calmement, sereinement et parfois avec une dose d'humour..."

("Marianne") - Joseph Mace-Scaron, 20 février 2007)

mardi, février 13, 2007

VOUS AVEZ DIT.....JUSTICE !


J'ai entendu votre "Pacte présidentiel" à Villepinte. Merci.

Le soir même, à l'émission Ripostes, Rachida Dati, la porte-parole de Nicolas Sarkozy, a déclaré à François Hollande qu'elle n'avait trouvé dans ce discours-programme, ni principes ni valeurs !Comment cette jeune juriste franco-marocaine si intelligente a-t-elle pu ignorer ce qui a été prononcé par Ségolène Royal ? La "Justice" a bien été le maître-mot de tout ce discours! Et même, la référence a été explicite aux valeurs de la Révolution française de 1789 : "Liberté-Egalité-Fraternité".

Ségolène Royal, j'ai ressenti votre colère , lorsque, le poing serré, vous avez évoqué toutes les inégalité criantes de notre société française, aujourd'hui. L'ancien pasteur que je suis y a saisi en écho l'ardente colère du vieux prophète Amos :"Oh! vous qui changez le droit en absinthe et qui foulez à terre la justice" (Amos 5/7).

Et la devise et l'objectif que vous proposez : "Plus juste, la France sera plus forte."

J'ai aussi bien entendu à chacune de vos propositions, votre : "Je m'engage..." lucide et déterminé ! Ce ne sera pas facile, sans doute. Mais j'ai cru à votre vérité, à votre sincérité, à votre courage sans fanfaronade et à votre détermination.

C'est pourquoi, j'ai très envie de voter pour vous aux deux tours de l'élection présidentielle afin qu'il vous soit donné les moyens de cette République renouvelée..

jeudi, décembre 21, 2006

IL EST NE LE "DIVIN" ENFANT....

P, le
NOEL...(de "natalis", relatif à la naissance)..
de "Jésus-Christ" ? Sans doute. Est-ce aussi celle de l' "homme Jésus" ? Probablement pas!
25 décembre..fête du solstice d'hiver et de la renaissance de la Lumière. "Sol invinctus", le soleil invaincu! A partir de cette date, les jours rallongent et le soleil renaît. Il n'existe pas de certitude quant au jour exact de la naissance de "Jésus-Christ". Vers l'an 306, les chrétiens s'accordèrent sur le choix du 25 décembre pour rappeler la célébration des "Saturnales" qui marquaient le début du solstice d'hiver dans l'Antiquité. Et c'est le moine Denys le Petit, au 6ème siècle, qui fit naître Jésus en l'an I de l'ère chrétienne.
MARIE FUT TROUVEE ENCEINTE DU SAINT-ESPRIT.
"Marie, ayant été fiancée à Joseph, se trouva enceinte par la vertu du Saint-Esprit, avant qu'ils eussent habité ensemble" (Matthieu 1/18)
"Cette proposition doit être comprise ainsi : non seulement, on avait découvert que Marie était enceinte, mais qu'elle l'était du Saint-Esprit. Cependant, il n'est possible de parvenir à cette compréhension que par la foi, et non par une évidence rationnelle...Il s'agit d'une valeur qui ne peut être saisie que par un processus d'interprétation. La proposition est le résultat de deux énoncés hétérogènes qui exigent, chacun, une approche différente et qui concernent l'un, le fait (Marie fut trouvée enceinte); l'autre, l'interprétation qui prend appui sur le fait découvert (elle le fut pas le Saint-Esprit). Puisque l'objet de cette interprétation est religieux, voire christologique, l'interprétation doit, en bonne logique, être aussi religieuse et christologique, ce qui implique que le fait soit lu à l'aide du code messianique.
L'INFORMATION SUR LE FAIT.
"...Selon la Loi, lorsque l'époux trouvait sa fiancée enceinte, il devait la traduire en jugement, le fait étant considéré comme un crime passible de mort. Mais la Loi offrait à l'inculpée une possibilité de défense. Si elle avait couché avec son complice dans la campagne, elle était acquittée, car on supposait qu'elle avait appelé au secours et que personne ne l'avait entendue; il s'agissait d'un viol. Par contre, si l'acte avait été perpétré en ville, elle était condamnée à être brûlée avec son partenaire: dans ce cas, le fait que personne ne l'ait entendue laissait penser qu'elle n'avait pas appelé au secours et qu'elle était coupable (Deutéronome 22/23-27). Cependant, cette procédure n'était possible que si l'époux lui-même, en se constituant partie civile,, prouvait qu'il ne portait aucune responsabilité. Faute de preuves, la fiance pouvait toujours soutenir que l'enfant qu'elle portait était de lui.
"Pour l'époux de Marie, l'information témoigne qu'il 'décida' de la répudier sans le dénoncer. Mais ne le voulait-il pas (comme Matthieu l'affirme),ou ne le pouvait-il pas ? Dans le premier cas, il croayit à l'innocence de la femme, qui avait pu être victime d'un viol par ruse ou par violence. Dans le second cas, il était sans doute convaincu de sa culpabilité, mais ne pouvait rien prouver. Le fait que Matthieu présente Joseph dans l'anxiété et le doute permet l'une et l'autre des hypothèses. Mais quelle que fut sa conviction, l'information permet d'affirmer qu'il renvoya son épouse : dans le récit, il n'échappe au doute que dans un rêve, dont la valeur est purement théologique et interprétative. En abandonnant l'épouse à elle-même, il lui épargnait sans doute le jugement de la Loi, mais il l'exposait à celui de l'opinion publique : une épouse trouvée enceinte et répudiée ne pouvait être, selon les gens, qu'une prostituée, mère d'un enfant bâtard."
(Ennio FLORIS - "Sous le Christ, Jésus" - Flammarion, 1987, pages 124-126)
L'INTERPRETATION DE L'INFORMATION.
"En étudiant la généalogie de Jésus, (Matthieu) avait constaté que les femmes de quatre de ses ancêtres (Thamar, Rahab, Ruth et Berschéba) avaient conçu d'une façon telle qu'il était permis de les considérer comme des femmes de prostitution....Bien que le genre littéraire de la généalogie lui interdit d'inclure des femmes, Matthieu a inséré dans celle de Jésus ces quatre mères ancêtres.Cette initiative nous autorise à penser qu'il a vu dans l'histoire de ces femmes l'annonce prophétique de celle de Marie, et donc de la génération de Jésus-Christ....Dieu avait voulu que la conception de ces femmes fût entachée de prostitution pour qu'on pût reconnaître, par elles, la génération de Jésus comme celle du Fils de Dieu. La prostitution de Marie relatée par l'information juive n'était qu'une énigme, posée par Dieu comme le signe de la naissance du Christ....Ainsi, le doute de Joseph était motivé par la 'crainte' de Dieu (Matthieu 1/20). L'Ecriture avait provoqué le doute chez Joseph; cette même Ecriture lui permettait d'en sortir: un ange du Seigneur lui apparut en songe, lui ordonnant de ne pas craindre de prendre Marie pour femme, puisqu'elle était enceinte du Saint-Esprit...Joseph put alors, sans crainte, prendre Marie pour sa femme : elle n'était pas une prostituée, comme l'information le laissait entendre, mais une vierge-mère. Elle est enceinte, non par prostitution, mais du Saint-Esprit. Alors, Jésus, l'enfant qui naît d'elle, n'est pas un bâtard; il est le Fils de Dieu".
(Ennio FLORIS- "Sous le Christ,Jésus", pages 126-128).
LE FAIT EN DECA DE L'INFORMATION ET DE L'INTERPRETATION.
"...Ce récit inclut du mythe et de la légende, et l'on y découvre aussi une référence à l'histoire, mais par l'interprétation des faits au moyen d'un code inscrit dans le mythe et la légende. Par ce code, la grossesse malheureuse et scandaleuse de Marie est interprétée comme la conception virginale du Fils de Dieu....L'historien s'intéresse à l'information sous-jacente au discours, car, même conditionnée par la polémique,elle présente tous les caractères d'un témoignage historique utilisé comme documentation par l'auteur du récit. Il nous est sans doute impossible, à partir de cette unique information, d'affirmer avec exactitude quelle fut la responsabilité de Marie et comment les choses se passèrent réellement. Si nous tentons de discerner les faits au miroi que Matthieu lui-même nous offre par l'image des quatre femmes ancêtres, plusieurs hypothèses se présentent avec une égale pertinence.. Marie fut-elle une veuve délaissée dans son exigence de maternité et qui s'est fait justice selon la loi du lévirat, comme Thamar, en couchant avec un de ses parents ? Aurait-elle été une adultère, comme Berschéba, qui se laissa prendre au piège de l'amour ? Comme Ruth, chercha-t-elle à séduire un homme pour vivre la légitimité du mariage mais, à l'opposé de l'héroïne biblique, tomba-t-elle dans les bras d'un homme rusé ? Enfin, comme Rahab, aurait-elle exercé la prostituion comme métier ? Il est étonnant de trouver ces mêmes hypothèses dans les différentes sources de la tradition judaïque....S'il est impossible de connaître les détails, le fait est là. Que Marie fut coupable ou innocente, il n'en rest pas moins qu'elle fut trouvée enceinte de façon illégitime. Bien que l'historien ait conscience que ce fait, par son interprétation religieuse, a revêtu une grande importance dans l'histoire, il lui est permis de ne le considérer que comme l'accident malheureux d'une relation d'amour."
(Ennio FLORIS - "Sous le Christ, Jésus" - pages 128-130).
NAISSANCE D'UN BATARD...UN ROMAN FICTION .
"Chronique de Marie-Madeleine" (in : "L'Analyse référentielle et archéologique" - Ennio Floris ) (http://alain.auger.free.fr)
"...Jésus parlait encore quand un de ses disciples - André, je crois - s'approcha.
- Maître, ta mère, tes frères et tes soeurs sont venus te chercher et t'attendent dehors.
- Qui sont ma mère, mes frères et mes soeurs ? Pointant l'index sur les assistants, il ajouta : Je n'ai ni mère, ni frères, ni soeurs; seul celui qui fait la volonté de Dieu est ma mère, mon frère ou ma soeur! Vous, non plus, n'avez ni mère ni frères ni soeurs, ajouta-t-il après un silence. Depuis que Dieu, selon le message d'Osée a condamné notre mère comme prostituée, nous sommes tous privés de père, de mère, de frères et de soeurs. Mais faisons sa volonté, et Dieu deviendra notre père, et nous serons tous, l'un pour l'autre, frère et soeur......
Submergée par la douleur, (Maria) répétait à mi-voix :
- Il devient fou, son esprit s'évade à la recherche de sa mère.
- Sa mère ? N'est-ce pas toi ?
- Je suis sa nourrice, ma fille. Et toi, qui es-tu ?
- Je suis Maria, son épouse.
- Il est marié ? Première nouvelle! Peut-être, a-t-il retrouvé en toi, sa mère qui s'appelait Myriam. Je m'appelle aussi Maria, ajouta-t-elle en pleurant d'émotion.
- Mère, lui dis-je en l'embrassant: il y a là un mystère; nous portons le même nom, sans doute parce que nous sommes liés par une parabole. Raconte-moi ce qui s'est passé.
- J'avais alors une vingtaine d'années. Mon mari travaillait tantôt comme menuisier, tantôt comme ferronnier. Nous habitions Nazareth, mais au moment de la moisson et de la vendange, toute la famille allait louer ses bras à la campagne; nous y retournions à l'automne pôur les labours et les semences. Un jour, au coucher du soleil, je suis rentrée dans la grotte qui nous servait de maison et d'étable; et j'ai remarqué que la crèche débordait de foin frais...Je m'approchais et je vis un bébé couché dedans, entouré de lis. Je sortis pour appeler mon mari et vis une jeune fille qui s'enfuait à travers champs. Je rentrai dans l'étable, pris le bébé dans mes bras en le berçant, inquiète et joyeuse à la fois. Quand mon mari arriva, je lui présentais le nouveau-né : "Dieu nous a confié un enfant; nous l'appellerons Jésus!"
- Pourquoi ce nom ?
- Parce que cet enfant a été sauvé par Dieu, comme Moïse le fut des eaux du Nil.
- Et la mère ? Ne s'est-elle jamais manifestée pour revoir son fils ?
- Je l'ai revue une fois, un an après, à l'endroit même où elle avait exposé l'enfant. Le souvenir me serre encore la gorge! Je me trouvais dans la grotte en train de préparer le repas des moissonneurs. Jésus, près de moi,trottait librement, car il commençait à marcher. Une jeune femme s'est approchée de lui; elle devait avoir dix-sept ou dix-huit ans, et était fort jolie. Fascinée, elle regardait l'enfant qui lui souriait, puis elle s'est tournée vers moi :
- C'est ton enfant ?
- Bien sûr!
Son visage s'est refermé, ses yeux se sont embués de larmes. Se tournant à nouveau vers l'enfant, elle le regarda intensément. Il lui sourit, s'approcha d'elle et balbutia le seul mot qu'il connaissait : "Ma..man, maman!" Alors, elle se jeta dans mes bras, en criant : "Non, je ne suis pas sa mère; je ne suis plus sa mère!"
Lorsqu'elle fut un peu calmée, je lui demandais : "Comment t'appelles-tu, ma fille ?" La tête enfouie dans mes bras, elle répondit : "Myriam!"
- Je m'appelle Maria, moi aussi. Dieu a voulu que nous portions le même nom, car nous sommes toutes deux la mère du même enfant! Deux femmes destinées à accomplir le plan de Dieu qui leur demeure caché.
- Maria, je ne porte pas la responsabilité de cet enfant; je l'ai reçu par surprise, comme toi, tu l'as découvert dans la crèche....
Je l'ai serrée dans mes bras pendant qu'elle me racontait son histoire.
- Au soir de mon mariage, après la fête, mon mari et moi, nous sommes rentrés à la maison. Mon mari m'a dit : "Ecoute, Myriam, je m'inquiète pour le bétail. Mon demi-frère, égaré par les réjouissances et un peu ivre, ne lui aurra, sans doute, pas assez donné à boire; et je crains les voleurs. Je vais m'en occuper et à l'aube, je serai de retour". Il m'a emrassé tendrement, puis est sorti. En pleine nuit, je l'ai entendu rentrer. "Tu es déjà de retour ?"
- Oui, oui. Tout était en nordre et j'ai fait vite.
Il s'est étendu sur le lit et nous avons fait l'amour. A l'aub,je dormais encore quand mon mari, entrant dans la chambre, me réveilla. "Oh! mon aimée, dit-il en m'embrassant, tu dormais comme une chatte qu'on vient de caresser!
- Mais...d'où viens-tu ? Etais-tu ressorti? Tu aurais du me réveiller.
- Comment, ressorti ? Je rentre juste des champs où j'étais allé soigner le bétail.
- Ah! mon Dieu! Pourquoi m'as-tu humiliée ? Veux-tu ma perte, celle d'un enfant qui va naître et le malheur d'n homme ?
Et je pleurais, pleurais, sans pouvoir parler. Mon mari, interdit, n'osait même plus me consoler. Il attendait que je me sois assez reprise pour m'expliquer.
*- Un homme est venu quelque temps après ton départ. Il avait ta voix. Il m'a fait l'amour. J'étais persuadée que c'était toi, il faisait si sombre! Je n'ai rien soupçonné.
Alors, mon mari, levant le poing droit, le pouce entre l'index et l'annulaire, a maudit son demi-frère.
- Maudit sois-tu, fils de Canaan qui m'a déshonnoré en me faisant père d'un bâtard! Que tes enfznts soient chassés de la terre jusqu'à la dixième génération! Que tu ne trouves jamais la paix dans le Schéol des pères!
Cependant, il n'avait pas le courage de dénoncer son frère, subissaznt avec mon fils et moi la malédiction de Dieu. Il me renvoya : "Va-t'en avec tonn enfant! Dieu qui t'a humiliée, te sauvera. Mais sors d'ici, que ma maison ne soit souillée d'un adultère. Quitte ce pays et réfugie-toi dans la terre d'Agar".
Je me suis cachée chez mes parents, le temps de ma grossesse; puis, j'ai accouché seule et expoxé l'enfant dans ta crèche. Avant de l'y abandonner, j'ai cueilli des lis, et tout en les disposant autour de lui, je prais Dieu: "Seigneur, je suis innocente, je suis sûre que tu le sauveras. Que le parfum des lis reste toujours sur lui, en signe de mon innocence". Ensuite, j'ai attendu que quelqu'un vienne à l'étable. Quand je t'ai vue, je me suis sauvée..criant ma détresse et mon soulagement. Puis, ce fut le désert dans mon âme, car mes larmes s'étaient taries.
- Mon mari revenant avec les moissonneurs, et Myriam toujours craintive, m'a dit : "Ecoute, Maria. Je te donne mon esprit, le souffle d'une mère qui, parès la naissance de son enfant, ne pourra plus jamais l'appeler : "mon fils".
Ele m'a longuement embrassée, comme si elle voulait insuffler son âme dans mon coeur.
- Maintenant, je serai heureuse à la pensée que tu embrasses mon fils".
Puis elle est partie en courant, sans se retourner ni regarder cet enfant qui lui faisait signe de sa petite main et lui souriait. Je l'ai vue se confondre avec le vert des orangers, puis disparaitre dans les oliviers..."
(Ennio FLORIS - "Chronique de Marie-Madeleine).
L'HOMME ET LE PROPHETE.
Conscient de son exclusion par sa naissance illégitime, de la communauté d'Israël et de la descendance d'Abraham, Jésus, l'homme juif, à la recherche de son identité, interrogea les prophères de l'Ancienne Alliance. Chez le prophète Osée, il découvrit que tous les enfants d'Israël étaient des bâtards, fils d'une prostituée.
"Cela suffit à leur faire comprendre que sa condition d'homme bâtard ne lui était pas personnelle, qu'il la partageait avec tout le peuple juif" (Ennio FLORIS - "Sous le Christ, Jésus", page 210). Il vit alors dans sa condition d'homme bâtard le signe de sa vocation prophétique.
"...Il se reconnut lui-même dans le "Messager" que Dieu envoyait pour dégager le chemin..." (E.FLORIS - "Sous le Christ, Jésus", page 210).